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Comment résoudre les problèmes réels des utilisateurs avec une stratégie CRO

Nous vous invitons également à lire l’article précédent de notre série, Construire une culture customer-centric grâce aux données ou à en consulter l’introduction.

Dans le prochain volet de notre série sur l’approche data-driven du marketing client, nous nous sommes entretenus avec notre partenaire Raoul Doraiswamy, Fondateur et Directeur Général de Conversionry. Le but de cet échange est de comprendre le déroulement d’un processus d’expérimentation customer-centric et de comprendre pourquoi il est essentiel d’exploiter les informations issues de ces expérimentations pour prendre de meilleures décisions.

 

Selon vous, quelle est la plus grande lacune à l’heure actuelle des marques dans leurs connaissances en matière de marketing et de croissance ?

De nombreuses marques disposent aujourd’hui d’un ensemble d’outils adéquats, grâce à des investissements tech, ou de personnes compétentes en matière de marketing. Cependant, les marques sont souvent confrontées au problème de ne pas savoir comment répondre aux besoins des clients, comment leur donner ce qu’ils veulent, et ce aussi bien sur leur site web, leur application ou par le biais de la publicité digitale : en d’autres termes, comment ces marques peuvent-elles augmenter leurs conversions ? Raoul identifie le manque de compréhension du client comme étant au cœur de ces lacunes et suggère que les marques adoptent un processus customer-centric, customer-driven, qui permet la génération d’un flux de connaissances du client complété par l’expérimentation.  

 

Quelles sont les activités clés qui permettent de mieux comprendre les problèmes des clients ?

Selon Raoul, pour lancer une stratégie avec pour épicentre le client, il est important de collecter correctement des données afin d’obtenir ensuite des informations. C’est le fondement de tout programme d’expérimentation, mais celui-ci peut être appliqué à tous les canaux marketing.

« Imaginez que vous êtes un contrôleur du trafic aérien. Vous avez de nombreux écrans qui vous indiquent en permanence où se trouvent les avions et quand ils risquent de s’écraser les uns contre les autres. À partir de tous ces aperçus, la personne qui se trouve devant les écrans devra prendre les bonnes décisions », partage-t-il. « Cependant, il y a aussi des informations sans importance, comme le fait que les porte-bagages soient pleins – et c’est aux décideurs de choisir les données critiques et de les utiliser. »

Raoul fournit cette analogie pour faire le lien avec les décideurs marketing, qui disposent généralement d’un tableau de bord avec des indicateurs tels que le revenu, le taux de conversion, le panier abandonné et plus encore. Un tableau de bord d’informations aide les marketeurs à mieux comprendre leurs clients : il combine ces données en temps réel avec les commentaires des clients provenant de différentes sources telles que les analyses, les heatmaps, les enregistrements de sessions, les commentaires sur les réseaux sociaux et les sondages utilisateurs. Une étude solide peut être effectuée grâce à une analyse critique des enregistrements de sessions et des sondages utilisateurs, et les principaux éléments à retenir peuvent être intégrés à ce tableau de bord. Comment faire plus utile pour un décideur marketing ?

 

Où sont les meilleures sources d’idées pour l’expérimentation ?

Raoul affirme qu’une combinaison d’analyses quantitatives et qualitatives est essentielle. L’analyse heuristique et l’analyse de la concurrence sont également très utiles pour trouver des idées d’expérimentation. Il poursuit : « Ne vous limitez pas à l’analyse de la concurrence, regardez aussi les autres secteurs. Prenons l’exemple d’un cas concret : pour un client avec un chiffre d’affaires de 90 millions de dollars, nous devions réfléchir à comment augmenter le nombre d’inscriptions à son programme de fidélité. En faisant des recherches sur Expedia et Qantas, nous avons eu l’idée de mettre en avant les points utilisateurs gagnés au lieu du prix des articles. » Raoul ajoute : « Faites des analyses de heatmaps, regardez les enregistrements de sessions, les sondages auprès des utilisateurs, les enquêtes auprès des bases de données d’e-mails et les tests utilisateurs. Les tests utilisateurs sont essentiels pour comprendre l’ensemble de la situation. » 

Après avoir cerné les problèmes des clients et trouvé quelques idées d’expérimentation, l’étape suivante consiste à les étoffer. « Revenons à l’analogie du contrôleur aérien : une personne de l’équipe voit un crash potentiel mais peut avoir une expérience limitée dans la gestion de cette situation. C’est à ce moment-là qu’un superviseur peut apporter d’autres perspectives, par exemple pour prendre une décision plus équilibrée. De la même manière, lorsque vous recherchez des idées d’expérimentation, ne vous limitez pas à vous-même, mais organisez plutôt un atelier pour discuter de vos idées avec votre équipe en interne. Si vous travaillez avec une agence, vous pouvez aussi organiser un atelier en sa présence et avec le client, ou demander à l’équipe CRO et à l’équipe produit de se réunir pour partager leurs idées. De cette façon, vous pouvez impliquer plusieurs parties prenantes, chacune d’entre elles étant en mesure d’apporter son expertise sur la base de son expérience avec les clients », explique Raoul.

 

Est-il utile de mener des expériences pour collecter des données (par opposition à l’optimisation de la conversion ou plus généralement à l’obtention d’un indicateur spécifique) ?

« Oui, absolument », répond Raoul.  » Il est important d’aligner les leviers de croissance avec les clients chaque trimestre tout en travaillant avec les équipes CRO et expérimentation sur le processus d’expérimentation. Lorsque l’on travaille dans le but d’augmenter les conversions, il existe des KPI et des modèles prédictifs pour projeter les objectifs”.

« D’autre part, si le programme se concentre sur la validation des product features ou sur la protection du revenu dû à des features non testées, il y aura un indicateur distinct pour cela », poursuit-il. « Il est essentiel d’avoir des micro KPI spécifiques pour les tests en cours afin de générer un flux constant d’informations, ce qui nous permet ensuite de prendre de meilleures décisions. »

Lors de la réalisation d’expérimentation pour collecter des données, des fonctionnalités telles que la personnalisation peuvent être utilisées, ce qui peut avoir un impact positif sur les conversions issues du site web. 

 

De quoi les marques ont-elles besoin pour se lancer ?

« Pour commencer, il faut se lancer dans des expériences. Chaque jour sans test est un jour perdu en termes de revenus ! », s’exclame Raoul. « Pour les responsables marketing qui n’ont pas encore commencé à mener des expériences, vous pouvez commencer par mettre le doigt sur les problèmes des clients et le flux d’informations. Pour obtenir ces informations, vous pouvez les recueillir à partir d’un outil d’analytics, plus précisément en regardant votre entonnoir. Grâce à ces informations, identifiez le point de chute et observez le chemin de la page suivante, pour voir où les utilisateurs vont ensuite. »

« Prenez par exemple une plateforme de e-commerce. Si les utilisateurs laissent tomber leur recherche au moment de la page produit au lieu de l’ajouter au panier et de passer à la page d’expédition, cela montre qu’ils sont confus quant aux exigences d’expédition. Ce seul fait peut vous indiquer ce qui se passe du côté de l’utilisateur. Examinez les heat maps et les enregistrements de sessions pour comprendre les problèmes du client. L’étape suivante consiste à résoudre le problème et, pour ce faire, vous aurez besoin d’une plateforme d’AB tests. Utilisez la plateforme d’AB tests pour construire des tests et les lancer le plus rapidement possible. »

Quant aux équipes marketing établies qui font déjà des tests, Raoul recommande de rassembler les informations et les problèmes des clients au fur et à mesure qu’ils arrivent chaque mois. « Ensuite, pour donner un sens aux données que vous avez collectées, vous avez besoin d’analystes en optimisation des conversions, comme nos experts chez Conversionry, qui ont l’expérience de la distillation des données jusqu’aux problèmes. »

Identifier les problèmes des clients est essentiel. Si certains de leurs problèmes ne sont pas résolus, vos différentes initiatives risquent d’échouer malgré des mois d’expérimentation. Au lieu de cela, en gardant les commentaires des clients en tête, vous pouvez commencer à concevoir, développer, tester, vous adresser à des plateformes d’optimisation de l’expérience comme AB Tasty pour construire les expérimentations, puis recueillir des informations, et répéter le cycle pour voir ce qui gagne et ce qui ne gagne pas.

 

Commencez à créer vos AB tests dès aujourd’hui avec la meilleure solution d’optimisation d’expérience utilisateur, AB Tasty. Grâce à l’IA et l’automation, cette plateforme d’expérimentation et de personnalisation crée des expériences digitales plus riches pour vos clients, rapidement.

 

 


 

Vous voulez en savoir plus sur les données ? Rendez-vous ici pour le septième volet de notre série sur les données customer-centric ! 

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Construire une culture customer-centric grâce aux données

Nous vous invitons également à lire l’introduction de notre série sur les données customer-centric, ou l’article précédent, Mesurer son impact digital.

Pour le cinquième volet de notre série sur l’approche data-driven du marketing client, nous avons rencontré notre partenaire Sophie D’Souza, Vice-Présidente de l’optimisation chez Spiralyze, et Rémi Aubert, co-CEO et co-fondateur d’AB Tasty, qui nous parlent de ce que signifie réellement une culture customer-centric, des raisons pour lesquelles il est si important pour les entreprises de la favoriser, des données qui permettent la création et l’entretien d’une telle culture, ainsi que les défis et les avantages qui en découlent.

 

Comment définiriez-vous une customer-centric ?

Tout au long de cette série, nous avons abordé les moyens d’utiliser et d’analyser les données, les indicateurs et l’expérimentation en général pour mieux comprendre vos clients, répondre à leurs besoins et forger des liens émotionnels avec eux. Toutes ces choses contribuent à atteindre l’objectif ultime pour les marques, à savoir construire une vision et une culture customer-centric.

Mais qu’est-ce qui définit une culture customer-centric ? Pour Sophie, « être centré sur le client signifie que le client est au cœur de l’entreprise. C’est l’ensemble des valeurs partagées, des attentes, des pratiques et des décisions qui guident et tiennent informés les membres des équipes sur les clients et leurs envies. Et pour parvenir à ceci, il faut veiller à ce que les données ne soient pas cloisonnées, qu’elles ne soient pas segmentées dans un service particulier comme la direction générale ou l’équipe customer success : elles imprègnent tous les aspects de l’entreprise, les systèmes formels et informels, les comportements, les décisions business et les valeurs tournent toutes autour du client. »

Selon Rémi, l’orientation client consiste également à “donner la priorité aux clients plutôt qu’aux prospects dans votre travail quotidien. C’est plus facile quand on est une petite entreprise, mais il est vital de garder cet état d’esprit en se développant. L’acquisition de nouveaux clients est importante, mais nous devons nous rappeler que nos clients existants nous ont déjà accordé leur confiance. C’est à nous de leur rendre la pareille en leur offrant des expériences positives, ou du moins un excellent support client. Le but est de maintenir ces expériences positives, et de transformer les expériences négatives en expériences positives pour les retenir.”

« Par-dessus tout, être centré sur le client signifie ne pas être mercenaire : c’est le fondement de la croissance organique, où le bouche-à-oreille des clients satisfaits se répand et transforme les prospects en nouveaux clients. »

 

Pourquoi la démocratisation des données est-elle importante ?

« La démocratisation des données est essentielle pour construire une culture customer-centric », explique Sophie. « Des données partagées, accessibles et qui ne sont pas cloisonnées à un seul département sont le meilleur moyen d’acquérir une connaissance du client. Il est tout aussi important de disposer d’un système pour collecter, stocker, interpréter et agir sur ces données chaque fois que cela est possible. »

« L’expérimentation constante sur les produits et les sites web a mis en lumière l’importance du feedback – à la fois qualitatif et quantitatif – et a prouvé sa valeur pour fournir des informations à l’organisation. Les entreprises comprennent désormais la signification d’une culture data-driven, et la diffusion de ces informations dans toute l’organisation est le moteur de l’orientation client. »

Rémi note qu’au cours des dix dernières années, l’accent a été mis sur la collecte des données. « Mais aujourd’hui, nous sommes dans une phase d’interprétation de  la data, afin d’agir sur elle. C’est une phase de maturité car nous connaissons les bons KPI à utiliser pour apporter de la valeur. Demain, nous serons capables d’automatiser ces données, mais peu d’organisations ont pour le moment atteint cette capacité. »

 

Quels types de données sont nécessaires pour construire une culture customer-centric ?

« Une culture customer-centric est un modèle d’entreprise axé sur les données, où les données qualitatives et quantitatives sont essentielles, et où l’expérimentation joue un rôle vital », explique Sophie. « Les données quantitatives nous donnent un indice remarquable sur la direction à prendre. Elles sont souvent dictées par la centricité du produit – comment les clients interagissent avec les produits et les actions qu’ils entreprennent. Les données qualitatives, quant à elles, sont dictées par les besoins des clients. En les associant, vous obtiendrez des tonnes d’informations précieuses. Vous pouvez les recueillir à partir de nombreuses sources différentes : l’engagement et la création de communautés par exemple, encourager les clients à laisser des avis, poser des questions sur les réseaux sociaux, etc. »

« Mais l’expérimentation est un élément central. Elle nous permet de mesurer directement la façon dont les individus qui viennent voir notre produit ou notre site web interagissent avec nous, et les actions à entreprendre selon leur comportement. »

Rémi est d’accord : « Même si nous comprenons l’aspect quantitatif ou l’aspect qualitatif de nos données, nous ne pouvons pas mesurer l’impact du comportement des clients si nous ne sommes pas capables de modifier ces comportements. C’est là que les tests et la personnalisation entrent en jeu. »

« C’est bien d’identifier les problèmes, mais si nous ne pouvons pas proposer des solutions et mesurer leur efficacité, nous ne pouvons pas adapter notre culture customer-centric à de nouveaux besoins ». La complémentarité entre les données quantitatives et qualitatives est essentielle. “Les données quantitatives nous aident à identifier les problèmes, tandis que les données qualitatives permettent généralement de trouver des solutions. »

Sophie est d’accord : « L’expérimentation nous permet de mettre le client au premier plan, car nous pouvons tester différentes solutions en fonction des problèmes que nous avons identifiés. Ainsi, plutôt que de déployer une idée que nous avons jugée en interne comme étant la meilleure, l’expérimentation permet au client de guider nos actions. De cette façon, nous savons que nous répondons à des besoins réels. »

 

Y a-t-il des problèmes liés à l’acquisition des données nécessaires ?

Selon Rémi, le principal problème est lié à une collecte de données défectueuse : « Nous voyons parfois des données biaisées en raison d’une collecte incomplète. Les données biaisées sont inutiles. Un autre problème que nous rencontrons souvent est celui de la collecte excessive : les gens collectent beaucoup plus de données qu’ils n’en ont besoin, puis se retrouvent perdus dans un déluge d’informations impossibles à analyser et dont ils ne peuvent pas tirer de conclusions. L’ennemi des bonnes données est le trop plein de données, car on ne peut pas les organiser. »

« Nous avons appris que trop de données est synonyme de désordre et de distraction », ajoute Sophie. « Il n’existe pas de système global qui soit suffisamment efficace pour traiter autant de données et les rendre exploitables. L’objectif des entreprises aujourd’hui, c’est de concevoir des systèmes pour capturer les informations dont nous avons besoin à notre échelle et les diffuser, tout en minimisant le risque issu de l’interprétation individuelle. »

 

Quels sont les défis à relever pour réussir la création d’une culture customer-centric ?

Rémi raconte l’histoire d’un client, bijoutier de luxe. « Il est très difficile pour des marques comme celle-là, qui ont des chartes graphiques et des lignes éditoriales strictes, d’être centrées sur le client, car elles ont peu de flexibilité pour tester. Ces marques sont très puissantes : vous ne pouvez pas faire la moindre modification sans validation par toute l’équipe. Ainsi, même si vous savez que vous pouvez améliorer le parcours ou l’expérience du client sur le site web, vous ne pouvez pas mettre en œuvre de changements car la politique de la marque l’interdit. Le résultat ? Même si vous avez des données prouvant qu’un changement donné améliorera la satisfaction des clients, l' »intégrité » de la marque ne le permettra pas. »

Sophie constate que de nombreux progrès ont été réalisés, mais que certains obstacles subsistent. « Pour être une organisation data-driven, il faut être ouvert d’esprit et être aussi ouvert à l’idée d’expérimentation : une culture customer-centric est fondée sur l’innovation et le changement constant pour répondre aux besoins des clients. Un grand défi aujourd’hui est le fait que, dans une organisation, tout le monde n’est pas sensible au rôle de la data, bien que l’expérimentation et la personnalisation des sites web et des produits ouvrent la voie à son adhésion. »

Rémi et Sophie s’accordent à dire que dans une organisation data-driven, tous les collaborateurs, et ceci à tous les niveaux, sont habilités à contribuer au projet, car ce sont les données et non l’expérience qui comptent. Un nouvel employé peut proposer une hypothèse de test tout aussi valable que celle suggérée par un CEO. C’est ce type de démocratisation qui se produit chez Hanna Andersson, un fabricant de vêtements pour enfants où tous les employés ont la parole et sont encouragés à soumettre des idées de test. Les meilleures sont mises en œuvre, comme dans cette étude de cas AB Tasty, où un petit changement dans l’image produit a eu un grand impact.  

 

Comment une culture customer-centric profite-t-elle aux entreprises/marques ?

Selon une étude de Deloitte et Touche, les entreprises axées sur le client sont 60 % plus rentables que leurs homologues axés sur le produit. Les entreprises qui placent le client au centre de leur organisation bénéficient d’une augmentation de la valeur vie client et d’une réduction du churn.

« Il y a de nombreux avantages concrets, notamment une augmentation de la rétention, de la fidélité des clients, des références… L’efficacité opérationnelle est un avantage majeur, et elle est alimentée par l’expérimentation. Cela signifie que nous ne nous contentons pas de deviner, mais nous consacrons notre temps là où il est le plus précieux : à répondre aux besoins réels des clients. »

« Ensuite, il y a l’innovation. Lorsque nous recevons des commentaires des clients, que ce soit en ligne ou hors ligne, les produits sont modifiés en conséquence. Cela nous permet d’être plus créatifs en proposant des solutions aux problèmes des clients plutôt que de petites itérations. »

Rémi ajoute qu’il y a également un avantage interne important à être customer-centric. « Lorsque vos expérimentations sont réussies et que vous avez augmenté la satisfaction des clients, vos clients sont heureux et vos équipes aussi. Cela renforce leur confiance dans le produit qu’ils ont développé. C’est très gratifiant. »

Sophie acquiesce avec enthousiasme : « Cela mobilise tout le monde autour du client. Quel que soit le rôle que vous jouez dans une organisation, vous pouvez voir le bénéfice de votre travail. »


 

Vous voulez en savoir plus sur les données ? Rendez-vous ici pour le sixième volet de notre série sur les données customer-centric ! 

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Mesurer son impact digital

Si vous le souhaitez, vous pouvez retrouver l’introduction de notre série sur les données customer-centric ici ou lire l’épisode précédent, Créer des liens émotionnels avec les clients grâce aux données.

Pour le quatrième volet de notre série sur l’approche data-driven du marketing client, nous avons rencontré Filip von Reiche, CTO of Integrated Customer Experiences chez Wunderman Thompson, et Gaëtan Philippot, Data Scientist chez AB Tasty. Nous avons discuté des avantages et des inconvénients des vanity metrics, de leur différence avec les actionable metrics et du rôle de tous les différents indicateurs qui existent pour mesurer l’impact digital d’une marque.

 

Commençons par la transformation digitale. Qu’est-ce que c’est, et pourquoi les entreprises s’y intéressent-elles autant ces dernières années ? 

La transformation digitale, telle que définie par Salesforce, est le processus qui consiste à utiliser les technologies digitales pour créer de nouveaux processus business, une nouvelle culture et de nouvelles expériences client – ou modifier les processus existants – afin de répondre à l’évolution des besoins des entreprises et du marché. Elle a débuté à la fin du XXe siècle et a connu une accélération rapide au cours des deux premières décennies du XXIe siècle, se propageant à travers presque tous les secteurs d’activité.

Résister à la transformation digitale est risqué. TechTarget raconte l’histoire funeste de Blockbuster LLC, une entité autrefois internationale possédant des magasins de location de vidéos aux États-Unis et dans le monde entier. Mais sa présence et sa pertinence ont décliné précipitamment à partir de 2005 environ, lorsque Netflix a exploité les technologies émergentes et a capitalisé sur l’appétit des consommateurs pour le divertissement à la demande, fourni par les services de streaming alors nouvellement disponibles.  

Mais la transformation digitale peut aussi être considérée comme un mot à la mode, dit Filip, « dans le sens où les gens pensent que c’est quelque chose qu’ils doivent faire ». À l’origine, la transformation digitale a été motivée par la volonté des marques d’être plus compétitives – dans la manière dont elles gagnent des parts de marché, dans la manière dont elles sont perçues, etc. Et la transformation digitale était le moteur qui leur permettait d’atteindre ces objectifs, de réagir plus rapidement et de mesurer leur réel impact.

« Au départ, elle visait à donner aux marques une présence en ligne, et bien sûr, elle a atteint cet objectif. Mais au fil du temps, elle a acquis de nouveaux usages. Son dernier objectif est d’aider les marques à créer des expériences personnalisées en leur fournissant le bon contenu et le bon flux, ce qui leur permet d’avoir de meilleures conversations avec leurs clients, et conduit à plus de conversions. »

Pour Gaétan, « ce processus se base sur une logique de mimétisme : les gens disent “Amazon fait mille expériences par an, donc nous devons faire de même”, mais tout le monde n’a pas les vastes ressources d’Amazon, ou ne peut pas espérer les mêmes résultats. »

Mais si l’objectif est d’avoir des expériences de marque personnalisées, Amazon n’est pas un site web où les gens veulent passer beaucoup de temps. « Au contraire, les gens vont sur Amazon parce qu’ils peuvent y entrer, acheter ce qu’ils veulent et en sortir rapidement. C’est totalement impersonnel », explique Filip. « Cependant, si je passe plus de temps avec une marque, c’est parce que je veux un produit ou un service spécifique qu’elle propose, et j’attends une personnalisation de la part des marques avec lesquelles je suis engagé. »

Pour que la personnalisation soit un succès, il faut que vos perceptions soient constamment validées avant la mise en ligne d’un site web ou d’une campagne. “Plus de la moitié de toutes les campagnes que les clients réalisent à l’aide d’AB Tasty est liée à la personnalisation ou à l’expérimentation avec de la personnalisation”, remarque Gaétan. “Elles sont la base sur laquelle tout le reste est construit”.

 

Quelles sont les différences entre les vanity metrics et les actionable metrics ?

L’utilisation des vanity metrics varie selon les secteurs, les niveaux et les clients. La seule constante est que les vanity metrics sont très séduisantes car elles procurent ce que Filip appelle « une montée de dopamine qui illumine votre cerveau. Et dans certains cas, en fonction de ce que vous essayez d’obtenir avec votre personnalisation, cette « montée » peut être suffisante. Mais dans l’idéal, il vous faut savoir quel sera l’impact à long terme. »

Le problème est que cet impact n’est pas toujours facilement mesurable. « Prenons l’exemple de l’immobilier. Ce n’est malheureusement pas aussi simple que la cible voit un message personnalisé, la cible clique, la cible achète une maison. Ne serait-ce pas formidable ? En réalité, le laps de temps entre cette personnalisation initiale et l’achat peut être de 30, 60, 90 jours, voire plus. Dans certains cas, vous avez besoin d’une vanity metrics comme les pages aimées, les favoris, les partages, etc., comme indicateur pour vous dire où vont les choses. Mais il est toujours préférable d’avoir une mesure de conversion en arrière-plan pour vous dire ce que tout cela signifie vraiment », explique Filip. 

« C’est là que des analyses plus approfondies entrent en jeu. Si vous avez un client qui est engagé mais qui ne convertit pas, vous devez découvrir quel est l’obstacle et trouver un moyen de le contourner. Si vous pouvez proposer une personnalisation qui répond aux besoins du consommateur et fait tomber cette barrière, tant mieux. Mais vous devez toujours respecter la confiance que le consommateur a placée en vous, en acceptant de vous partager ses données essentielles à votre personnalisation. Vous ne pouvez pas simplement dire « Bonjour ! Nous avons vu que vous regardiez sur notre site web !”  C’est effrayant. Mais vous pouvez indiquer que vous, en tant que marque, êtes présent et à l’écoute des besoins de vos consommateurs. C’est un équilibre délicat. »

 

Les vanity metrics peuvent-elles être transformées en actionable metrics ?

Il convient de souligner que l’utilisation d’un indicateur « superficiel » ou d’une vanity metric est toujours justifiée lorsqu’il y a une réponse notable, qu’elle soit positive ou négative, car elle peut inciter une entreprise à creuser et analyser davantage. Pour ce faire, elle se tourne vers des actionable metrics et ainsi trouver des réponses.

Gaétan remarque : « Mais il est important de se rappeler que tout n’est pas immédiatement actionnable : parfois, le gain se fera plus tard. La valeur de chaque type d’indicateur varie selon le secteur et aussi selon la maturité du client. Par exemple, les clients e-commerce qui débutent testeront toutes sortes de choses avant de savoir quelles KPI sont les plus utiles et offrent les meilleurs résultats pour leurs activités. »

« Toute la discussion sur les indicateurs doit commencer dès que vous élaborez votre stratégie de personnalisation ou de test », ajoute Filip. « Vous aurez un objectif en tête : atteindre un certain type d’awareness ou d’engagement, ou un certain nombre de conversions, etc. Tout ce que vous testez et que vous voulez utiliser comme KPI doit s’aligner sur cet objectif. Si une vanity metric peut soutenir cet objectif, alors il est approprié. Si la conversion finale est nécessaire pour prouver une hypothèse, alors nous devons trouver comment l’obtenir. Parfois, cela peut être plus compliqué et impliquer des intégrations hors ligne, mais c’est généralement ainsi que cela fonctionne. »

 

Quelles questions les entreprises doivent-elles se poser pour trouver les bons indicateurs à suivre ?

Pour Filip, une question essentielle concerne la portée du projet que vous entreprenez. Mesurez-vous une campagne entière ou la décomposez-vous en plusieurs parties ? Un champ d’application étendu est plus facile à mesurer, ce qui signifie que moins de mesures sont nécessaires en général. Un champ d’application détaillé est plus complexe, car la mesure sur une base individuelle soulève des questions sur la manière de déterminer l’identité, de relier les conversions à des individus spécifiques, etc.

Mais la question la plus fondamentale est :  » Dois-je tester et personnaliser mes expériences ? « . Et la réponse de Filip est « Bien sûr que oui ! Mais il existe beaucoup de chemins différents possibles pour faire ce genre de choses. L’un d’entre eux consiste à demander à une société comme Wunderman Thompson de vous aider à effectuer une analyse, en jouant le rôle de consultant pour vous montrer ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, les points de blocage, les points à améliorer, etc.

« Mais si vous préférez faire vous-même appel aux utilisateurs, gardez en tête que du point de vue de l’expérience client, vous devez tester et découvrir la meilleure façon d’interagir avec lui.  Comment pouvez-vous leur montrer que vous voulez les aider, mais sans être intrusif ? A titre de comparaison, nous pouvons prendre comme exemple l’expérience vécue en rentrant dans un magasin, en répondant à la question : « Comment voudrais-je, en tant que client, être accueilli, aidé, guidé ? ». Comprendre cela est la meilleure façon de commencer un cadre de personnalisation.”

 

Comment mesure-t-on la valeur vie client ?

La valeur vie client (CLV) est la marge de bénéfices qu’une entreprise s’attend à réaliser pendant toute la durée de sa relation commerciale avec un client moyen. Un article de CleverTap explique plus en détail : « Parce que la CLV est une projection financière, elle exige qu’une entreprise fasse des hypothèses éclairées. Par exemple, afin de calculer la CLV, une entreprise doit estimer la valeur moyenne du panier, le nombre moyen de transactions et la durée de la relation business avec un client donné. Les entreprises établies qui disposent de données historiques sur leurs clients peuvent calculer avec plus de précision la valeur vie client » Un peu brutal, mais c’est ainsi que cela fonctionne.

Un exemple visuel du calcul de la valeur vie client à l’aide des indicateurs de vente, de transactions et de rétention – qui peuvent tous être impactés par l’expérimentation. 

Customer Lifetime Value: What is it and How to Calculate | CleverTap

Source: CleverTap

Maintenant, où trouver ces précieuses données historiques sur les clients ?

« Les CDP jouent un rôle essentiel dans la mesure de la CLV, car elles peuvent combiner des données provenant de dizaines de sources différentes pour retracer tout l’historique des interactions d’un client avec une marque, depuis ses expériences web et mobile jusqu’à ses expériences en magasin et avec le service client. Avec ces données, vous pouvez mesurer combien de temps vous avez interagi avec ce client, quelle a été l’intensité de son engagement, quelles sont les choses que vous offrez et qui l’intéressent », explique Filip.

« De toute évidence, si un consommateur fait le choix de votre marque depuis très longtemps, il s’attend à un certain niveau de personnalisation de votre part. Il va s’attendre à l’accolade chaleureuse et à la conversation amicale que vous avez généralement avec une personne que vous connaissez depuis des années, et pas seulement à un bonjour rapide et à une conversation de courtoisie, que vous offrez à une personne que vous venez de rencontrer. La personnalisation mérite qu’on s’y attarde, car mieux vous connaissez vos clients, plus longtemps vous pouvez poursuivre votre conversation avec eux. Ceci se traduit par de la fidélité et de la rétention et, espérons-le, par des recommandations. »

Il existe des techniques pour maximiser la CLV, notamment la segmentation, la personnalisation, la diversification des points de contact, du cross-selling et du up-selling, pour n’en citer que quelques-unes.

Dans l’économie actuelle, où les marchés sont encombrés de concurrents qui se disputent les mêmes clients, l’engagement et la conversion sont essentiels au succès de toute entreprise.


 

Vous voulez en savoir plus sur les données ? Rendez-vous ici pour le cinquième volet de notre série sur les données customer-centric ! 

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Créer des liens émotionnels avec les clients en utilisant les données

N’oubliez pas de consulter l’introduction de notre série, la partie 1 avec Zion & Zion, et la partie 2 avec Cro Metrics si vous ne l’avez pas encore fait.

Pour ce troisième article blog de notre série sur l’approche data-driven du marketing client, nous nous sommes entretenus avec notre partenaire Matt Wright, directeur Behavioral Science chez Widerfunnel, et avec Alex Anquetil, Manager Customer Success North America chez AB Tasty. A cette occasion, ils ont réfléchi à la signification de la connexion émotionnelle dans un contexte marketing, à la raison pour laquelle il est essentiel que les marques établissent des connexions émotionnelles avec leurs clients, et à la manière dont les données peuvent être utilisées pour établir et mesurer l’efficacité de ces connexions.

 

Que voulons-nous dire lorsque nous parlons de créer un « lien émotionnel » dans un contexte marketing ?

En termes simples, les émotions sont le moteur de tout achat. Les gens n’achètent pas une marque en particulier parce qu’ils ont besoin d’un produit qu’ils pourraient facilement trouver ailleurs, mais parce qu’ils ressentent une affinité, un sentiment de confiance, de bien-être, d’inclusion ou de loyauté envers cette marque.  

Sur un marché aussi encombré, il est essentiel pour les spécialistes du marketing d’établir des liens émotionnels profonds avec les clients pour les attirer et les fidéliser. Les marketers ne peuvent pas se contenter de  » faire appel aux émotions », mais ils doivent comprendre les comportements et les motivations des clients et s’assurer que leurs missions et leurs messages sont en phase avec les émotions et les besoins des clients.

Matt demande de recadrer la question : « Quel est le rôle de la prise de décision émotionnelle dans le marketing ? Les gens construisent des modèles mentaux autour de leurs émotions, de leurs expériences et de leurs associations culturelles. Ils considèrent certaines d’entre elles comme « bonnes » ou « mauvaises »… ils y associent des émotions. La clé pour les spécialistes du marketing est de comprendre quelles émotions résonnent avec quel groupe de personnes. Et c’est là que les tests A/B peuvent vous aider à trouver des indices sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Créer des connexions émotionnelles fortes est primordial, et grâce à l’expérimentation, vous pouvez en créer tout au long de votre entonnoir de vente. »

« Notre cerveau a une bande passante limitée, remarque Alex, et nous avons donc tendance à économiser nos ressources pour les choses importantes. Lorsque nous effectuons un achat simple, nous prenons des raccourcis. Nous saisissons ce qui est disponible dans la roue de nos émotions de base – bonheur, colère, surprise – pour nous permettre de prendre des décisions rapides. Si les marques peuvent tirer parti de ces émotions, qu’elles soient positives ou négatives, et y aligner leurs tactiques de vente, alors elles peuvent créer des expériences sans friction. Le fait que chaque achat soit émotionnel est la raison pour laquelle nous n’avons pas « une interface utilisateur parfaite » ou « un entonnoir de vente idéal » : chaque marque, produit et utilisateur est différent. « 

Matt répond : « C’est une excellente analogie. La convivialité est la base, et vous devez construire sur cette base. Même si votre interface utilisateur est laide, dans les bonnes circonstances, elle convertira. Par exemple, si votre site web est destiné à une organisation caritative, les gens ne veulent pas que vous dépensiez votre argent pour le rendre beau. Ils veulent que l’argent aille à la cause. Ils peuvent donc vous juger négativement si votre site web est un chef-d’œuvre digital. Mais si vous concevez un site pour une marque chic, les gens veulent qu’il ait l’air et se sente exclusif. C’est ce que les A/B tests nous apprennent : il ne s’agit pas de gagner ou de perdre, mais de recueillir des idées, ce qui, à mon avis, est souvent négligé à un niveau de base de l’expérimentation. »

 

Pourquoi les connexions émotionnelles avec les clients sont-elles si importantes pour les marques ?

Pour Matt, l’émotion est particulièrement importante pour le positionnement. « Ce n’est pas un sujet sur lequel les gens font généralement des expériences. J’aimerais bien qu’ils le fassent, parce que les données que vous pouvez glaner en testant des choses comme les propositions de valeur ou le copywriting sont extrêmement précieuses pour réussir à positionner un produit. De plus, au fur et à mesure que les clients avancent dans leur parcours, ils éprouvent différentes émotions à différents moments, y compris des doutes, alors donnez-leur des signaux pour les rassurer et leur montrer qu’ils ont pris les bonnes décisions. De cette façon, vous renforcez leur loyauté à votre égard. »

Alex pense que la première impression compte, et que si vous ne créez pas de lien dès le premier jour, vous n’aurez peut-être pas d’autre chance. « Les utilisateurs cherchent à donner un sens à ce qu’ils achètent, même lorsqu’il s’agit de quelque chose d’aussi banal qu’un paquet de piles. Les produits utilitaires peuvent être associés aux « bons » signaux (pensez au lapin Energizer, à la tradition et à la fiabilité qui lui sont associées). Personne ne veut acheter des produits qui renvoient à des connotations négatives. Les vêtements et les articles de luxe sont 100 % émotionnels, et il est essentiel pour les spécialistes du marketing de conférer l’image et le statut corrects en vendant aux bons groupes (car, bien sûr, il y a des groupes d’appartenance et des groupes d’exclusion selon les normes de la marque) et en associant les émotions et les motivations appropriées à chaque marque et produit.

 

Les marques doivent-elles créer différents types de connexions émotionnelles pour différents publics ?

Là encore, Matt propose une question préliminaire pour repositionner la façon dont nous abordons le sujet : « Cela vaut-il la peine de créer des expériences multiples ? La meilleure façon de décider ceci est de commencer petit, puis d’aller plus loin, et de continuer à tester jusqu’à ce que les données vous mènent à une proposition de valeur. Si les données vous montrent que cela en vaut la peine, alors oui, construisez différentes approches. »

Mais Alex, qui connaît bien les marchés français et américain, dit oui tout de suite. « Quand on regarde les résultats à court et à long terme, je pense qu’il doit y avoir différents types de connexions émotionnelles pour différents publics culturels ou géographiques. La question est de savoir si l’on veut à tout prix que les émotions servent les ventes ou le marketing. En d’autres termes, voulez-vous que votre proposition de valeur associe votre marque à des émotions spécifiques ? Lorsque les marques se développent sur de nouveaux marchés, elles peuvent nécessiter des approches différentes. Par exemple, certaines marques de luxe françaises vendent des collections de produits uniquement en France et des collections entièrement différentes aux États-Unis. En ce qui concerne les parfums, les clients américains ont tendance à acheter des flacons plus grands, tandis que les Français en achètent de plus petits, en raison de priorités et de motivations culturelles différentes.”

Exemples de motivations et de leviers :
 
Source: HBR.org, “THE NEW SCIENCE OF CUSTOMER EMOTIONS,” NOVEMBRE 2015, SCOTT MAGIDS, ALAN ZORFAS, AND DANIEL LEEMON

« Vous pouvez analyser vos propres données de marché pour découvrir quel est votre groupe à fort potentiel et quelles sont ses motivations, puis pousser cela sur le marché et emmener tout le monde dans votre voyage, ou vous pouvez le faire dans l’autre sens, et faire des ventes votre objectif ultime. »  

Matt pense que l’image de marque va généralement prendre le dessus sur l’objectif de vente et cite l’exemple de Netflix. « Il y a un débat en ce moment pour décider si, pour continuer à se développer, Netflix doit vendre des publicités. Aujourd’hui, ils peuvent probablement faire un AB test et découvrir qu’ils gagneront plus d’argent s’ils vendent des publicités, évidemment. Mais comment cela affectera-t-il leur image de marque à court, moyen et long terme ? Ils ne perdront peut-être pas d’argent, mais sur le plan émotionnel, ils risquent de perdre une grande partie de leur attrait historique.”

« Lorsque l’on joue avec les émotions, il ne faut pas se contenter d’un simple AB test. Il est important d’expérimenter. Lors de la prise de décisions stratégiques, l’expérimentation peut certainement aider à optimiser les choses de manière incrémentale, mais elle peut aussi faire de plus grandes choses, notamment vous aider à prendre des décisions clés, à mieux comprendre vos clients, à innover, à prendre des risques… Trop peu de gens réalisent la puissance des tests avancés. Les entreprises qui les utilisent constatent des améliorations exponentielles. »

En parlant des outils d’expérimentation, Matt explique : « Très tôt dans le secteur, nous avons parlé des AB tests dans un état d’esprit à peu près uniquement axé sur l’optimisation gagnant ou perdant. Or, c’est bien plus que cela. Lorsque vous faites cet investissement, il va vous aider à prendre des décisions, et non pas seulement à trouver de petits bouts de revenus supplémentaires pour votre entreprise. Il y a un problème de ressources : l’amélioration du taux de conversion n’est pas la seule chose que vous pouvez faire, il y a un large éventail d’autres choses que vous pouvez réaliser, et les équipes ont besoin de plus qu’un responsable du CRO pour en tirer toutes les capacités. C’est un facteur clé de différenciation concurrentielle. »

 

Comment les données peuvent-elles être utilisées pour créer des connexions émotionnelles dans le marketing ?

Il est beaucoup plus difficile de cibler les publics aujourd’hui en raison des changements de politique en matière de cookies et des nouvelles réglementations. Mais comme le dit Matt (et tout le monde est d’accord), « les first-party data conduiront à un positionnement fort et à de très bonnes publicités, qui créent un lien avec les utilisateurs. Parce qu’elles appartiennent aux marques, ce seront les meilleures données possibles pour tester des hypothèses et segmenter les informations afin que les marques puissent offrir des expériences personnalisées et exclusives. »

Alex s’exprime ainsi : « En fin de compte, vous allez toujours suivre les conversions et les clics, donc vous devez faire ce travail de fond de marketing. C’est plus avancé que les tests d’utilisabilité. Pour tester les émotions, vous devez faire un travail de fond et des suppositions. Vous devez connaître votre marque, vous devez travailler avec des études de marché. Et lorsque vous trouvez une émotion qui correspond à ce que vous voulez que votre marque représente, vous devez identifier un segment de clients à fort potentiel. Ensuite, vous trouvez les facteurs de motivation que vous associez à ce segment, grâce à des études qualitatives et à des retours d’informations ; puis vous devez quantifier tout cela pour voir si vous avez raison. Ensuite, vous poussez les facteurs de motivation, mesurez les résultats, voyez ce qui augmente l’efficacité, la rétention, la fidélité, la valeur vie du client… et découvrez si vous avez une proposition gagnante. »

Matt sourit : « Je ne qualifierais aucune partie de cette approche de « conjecture ». Vous combinez simplement le qualitatif et le quantitatif pour trouver de meilleures hypothèses à tester. C’est le cœur d’une bonne expérimentation. »


 

Vous voulez en savoir plus sur les données ? Rendez-vous ici pour le quatrième volet de notre série sur les données customer-centric

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Utiliser les données issues de l’expérimentation pour découvrir les besoins des clients

Pour ce deuxième article de blog de notre série sur l’approche orientée données du marketing customer-centric, nous nous sommes entretenus avec notre partenaire Ryan Lucht, Director of Strategy chez Cro Metrics et avec Hubert Wassner, Data expert chez AB Tasty. Cet interview explore l’évolution des besoins clients, montre pourquoi il est si important pour les marques de les comprendre aujourd’hui, et le rôle que joue l’expérimentation pour répondre à ces besoins. N’oubliez pas de consulter l’introduction et la première partie de notre série si vous les avez manquées.

 

Qu’entendons-nous par « besoins des clients » ?

Les clients avisés d’aujourd’hui attendent beaucoup des marques : parcours connectés, personnalisation, innovation, protection des données. Ils sont habitués à des interactions en ligne transparentes. Ils veulent pouvoir trouver des produits facilement. Ils veulent une expérience sans friction et des méthodes de paiement flexibles. Et si une marque n’est pas à la hauteur, ils passeront à une autre qui l’est : « C’est une bonne chose, cela nous a obligé à être beaucoup plus orienté client et à rendre nos sites web plus faciles à utiliser », explique Ryan.

Et cela paie de répondre aux besoins de vos clients et de leur offrir une excellente expérience. Dans un sondage CX 2020, 91 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles étaient plus susceptibles d’effectuer un nouvel achat après une expérience positive, et 71 % ont déclaré avoir pris une décision d’achat en fonction de la qualité de l’expérience.

 

Pourquoi est-il important pour les entreprises et les marques de comprendre les besoins de leurs clients ? 

Ryan pense qu’il est essentiel d’offrir aux clients les bonnes informations au bon moment. « Les besoins des clients sont différents aux différentes étapes du parcours client. Lorsque vous menez un programme d’expérimentation, l’ordre dans lequel les informations sont présentées a son importance. Si vous vous plongez dans les détails trop tôt, vous risquez de surcharger ou d’ennuyer vos utilisateurs. Mais si vous attendez trop longtemps pour présenter des informations essentielles, comme une politique de remboursement ou un élément de votre proposition de valeur, vous perdrez des clients. »

« L’un de nos clients, une grande chaîne de salles de sport aux États-Unis, en est un bon exemple. Une partie cruciale de leur stratégie consiste à rassurer les clients quant au fait qu’ils se sentiront à l’aise dans leurs salles de sport – que celles-ci sont inclusives, body-positives, et que tout le monde y trouve sa place. Il s’agit d’un besoin important des clients. Mais sur leur page d’accueil, la première chose que les gens voulaient trouver était « Où est la salle de sport la plus proche de chez moi ? ». Ils ont donc décidé de mettre en premier les informations relatives à l’emplacement et d’établir ensuite leur marque : les abonnements ont augmenté immédiatement. L’impact sur les revenus est fondamental : si vous ne répondez pas aux bons besoins au bon moment, vous laissez de l’argent sur la table. »

Hubert ajoute : « Dans le commerce en ligne, vos concurrents ne sont qu’à un clic de vous, alors si les utilisateurs s’ennuient sur votre site ou s’ils mettent trop de temps à trouver ce dont ils ont besoin, ils iront tout simplement ailleurs. L’expérience que vous offrez doit être exempte de toute frustration. Il y a des résultats de croissance à trouver à chaque étape du parcours d’achat, alors pensez toujours à la concurrence, quelqu’un d’autre le fait sûrement mieux quelque part. »

Ryan est d’accord : « Lorsqu’il s’agit de comprendre les besoins de vos clients, plus vous tirez parti de l’expérimentation et des formes avancées de data science, meilleur sera votre avantage concurrentiel. La raison est que les besoins des clients sont uniques d’une marque à l’autre. Une marque établie peut se vendre différemment d’une marque de niche ou d’une marque nouvellement arrivée. »

 

Où peut-on trouver les données les plus précieuses sur les besoins de ses clients ?  

Il existe des outils qui automatisent l’accès aux données. « Chez AB Tasty, dit Hubert, nous commençons par installer un tag pour recueillir des informations sur les transactions afin que les développeurs puissent voir, par exemple, quand les utilisateurs visitent les sites et quand ils les quittent, et mesurer ainsi le taux de rebond. Les agences peuvent également recueillir des informations sur les produits et les achats, ainsi que sur des mesures comme le taux de conversion, l’accès à la page panier, les dates de vente et l’évolution des taux de conversion en fonction des niveaux d’engagement (voir graphique). Une fois que vous avez suffisamment de données, vous pouvez commencer à tester différentes métriques pour voir lesquelles augmentent les niveaux d’engagement des différents segments d’audience. » 

 

Votre site s’adapte-t-il aux utilisateurs fréquents ou les traite-t-il comme s’ils étaient nouveaux à chaque fois ? 

Ryan aime demander aux cadres : « Pensez-vous que quelqu’un qui vient sur votre site pour la toute première fois a les mêmes besoins que quelqu’un qui vient pour la cinquième fois ? Et bien sûr, la réponse est non. Mais pensez aux « nouveaux utilisateurs » par rapport aux « anciens utilisateurs », ou aux différentes sources de trafic – les gens arrivent sur le site web depuis différents endroits : e-mail, publicités, Facebook, TikTok, Google. Toutes ces personnes évoluent dans des contextes très différents, et cela nous donne une centaine d’idées de tests différents. » Lorsque Ryan demande à ses interlocuteurs s’ils traitent un nouveau visiteur différemment d’un visiteur qui revient, la réponse est malheureusement toujours négative. Ce n’est qu’une des innombrables opportunités pour les marques d’utiliser même les points de données les plus basiques pour commencer à différencier les expériences.

« Cela peut devenir très complexe très rapidement. Si vous voulez faire une AI ou un modèle ML, il est important de comprendre quelles variables sont réellement corrélatives parmi celles que nous demandons au modèle d’examiner, et lesquelles sont insignifiantes . »

 

Comment organiser/prioriser les données provenant de sources disparates pour les tester ?

Pour combiner les données afin d’agir sur elles de manière significative, Hubert explique que les outils les plus courants sont les plug-ins CRM. « Si votre utilisateur est identifié, vous pouvez automatiquement recueillir plus d’informations de première main au fur et à mesure du parcours client, ce qui peut vous aider à segmenter l’expérimentation a posteriori. »

Pour Ryan, l’utilisation de sources de données disparates ne sert pas seulement à hiérarchiser les idées de test, elle permet aussi de mieux en comprendre les résultats. « Je n’ai jamais rencontré quelqu’un capable d’utiliser les données pour prédire quelles idées de test seront gagnantes. Si c’était possible, tout le monde aurait des taux de réussite stupéfiants, mais même chez Microsoft, Google et Netflix, seule une idée sur dix est retenue. Le plus important avec l’utilisation des sources de données disparates se produit après la réalisation d’une expérience, car les résultats de l’expérience ne constituent qu’un seul apprentissage spécifique. Ce qui déterminera votre succès, c’est la manière dont vous reliez ces résultats à d’autres sources de données clients ou d’analyses afin de reconstituer un récit que vous pensez être vrai, ainsi que la manière d’utiliser ces résultats pour nourrir votre prochaine idée test. »

 

Comment l’expérimentation peut-elle vous aider à mieux comprendre les besoins de vos clients ? 

Pour Ryan, la compréhension peut se faire à deux niveaux. « Une expérience individuelle peut vous dire si vous vous rapprochez ou vous éloignez de la satisfaction des besoins de vos clients, en vous basant sur le fait qu’ils réagissent comme vous l’aviez espéré ou non. Mais il y a aussi un niveau de méta-analyse, où une fois que vous avez mené beaucoup d’expériences, vous commencez à reconnaître les modèles. Par exemple, chaque fois que nous mettons l’accent sur les prix et que nous les rendons plus clairs, nous obtenons de meilleurs résultats, de sorte que le besoin des clients est peut-être de mieux comprendre les prix. Les expériences individuelles nous aident, mais nous apprenons vraiment les thèmes plus larges une fois que nous avons mené un grand nombre d’expériences. »

Hubert ajoute : « Pour moi, lorsque vous construisez le test, vous devez répondre à une question et non pas vous concentrer sur l’optimisation, car vous n’améliorerez peut-être rien du tout. Mais en répondant à une question, vous apprendrez quelque chose, vous augmenterez vos connaissances, et c’est là le véritable objectif. »

 

Comment la connaissance des besoins de vos clients peut-elle contribuer à une meilleure expérience client ? 

« Plus vous comprendrez vos clients et leurs besoins, plus ils auront l’impression que vous êtes capable de lire dans leurs pensées : vous leur ferez plaisir, vous les fidéliserez et vous gagnerez de la place sur le marché. Les entreprises qui font cela – faire beaucoup d’expériences et les faire bien – sont les entreprises qui gagnent. C’est aussi simple que cela », affirme Ryan. 

« Lorsque nous effectuons des tests, nous ne devrions pas nous poser des questions business, mais des questions relatives aux utilisateurs, et seulement ensuite ajouter des KPI orientés business », déclare Hubert. « Il est essentiel de poser d’abord des questions customer-centric, et non sur l’entreprise. De cette façon, vous pouvez stimuler votre activité tout en satisfaisant mieux vos clients. » 

Ryan est d’accord : « C’est une façon très positive de présenter les choses. C’est ainsi que nous gagnons avec nos clients, car si nous répondons mieux à leurs besoins, tout le monde est gagnant. »


 

Vous voulez en savoir plus sur les données ? Rendez-vous ici pour le troisième volet de notre série sur les données customer-centric

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Maximiser la valeur des données clients avec l’expérimentation

Consultez l’introduction de notre série sur les données customer-centric ici.

Pour ce premier article de blog de notre série sur les différentes façons d’utiliser les données et d’aider les marques à construire une vision customer-centric, notre partenaire Aimee Bos, VP analytics and data strategy chez Zion & Zion, et Hubert Wassner, Chief Data Scientist chez AB Tasty, se penchent sur la façon dont les données issues de l’expérimentation peuvent vous aider à mieux comprendre vos clients. Ils explorent le qui, le quoi et le quand des tests, discutent des indicateurs clés de la connaissance du client, de l’importance de la taille de l’audience, de l’endroit où se cachent vos meilleures idées de tests, et plus encore.  

 

Pourquoi l’expérimentation est-elle importante pour comprendre les clients ? 

En termes simples, l’expérimentation permet aux marques de « perfectionner » leurs produits. En améliorant la valeur déjà développée, l’expérience client est optimisée. Et chaque fois qu’une nouvelle fonctionnalité ou option est ajoutée à un produit, des A/B tests réguliers garantissent des réactions cohérentes de la part des clients. L’expérimentation fonctionne comme une boucle fermée de feedbacks de la part des clients, allant au-delà des conversions ou de l’acquisition, améliorant l’adoption et la rétention, pour finalement rendre votre produit indispensable à vos clients.

 

Quels sont les indicateurs clés qui fournissent les meilleures informations sur les clients ? 

Hubert répond : « En principe, les indicateurs qui fournissent des informations fiables sur les clients sont le taux de conversion et la valeur moyenne du panier, segmentés selon des critères significatifs tels que la géolocalisation ou les données CRM. Mais il y en a d’autres qui sont intéressants, comme le revenu par visiteur (RPV). C’est une métrique à faible valeur mais importante à surveiller. » 

« Et la valeur moyenne des commandes (AOV) en est un autre. Cette mesure varie énormément dans le temps, il ne faut donc pas la prendre pour argent comptant. La saisonnalité (pensez à Noël ou au Black Friday, par exemple), ou même un gros acheteur peuvent fausser les statistiques. Il faut l’examiner dans de multiples contextes pour mieux comprendre les progrès accomplis, non seulement d’une année sur l’autre, mais aussi d’un mois sur l’autre et même d’une semaine sur l’autre, afin d’obtenir un calcul juste. » 

« L’AOV et le RPV sont importants car leur omission peut fausser les données. Les gens oublient souvent d’analyser les mesures concernant les visiteurs qui ne convertissent pas. Bien sûr, l’AOV ne vous donne des données que sur ceux qui vont jusqu’au bout du cycle d’achat. »

Et Aimee est d’accord : « Le taux de conversion, bien sûr. Pour le e-commerce, il s’agit des conversions, de la valeur, du RPV, de la façon dont ils font bouger l’aiguille, augmentent-ils la valeur de la commande moyenne ? Nous voulons autant de données que possible au niveau le plus granulaire possible pour la génération de leads, le gated-content et les micro-conversions… Ces petits tests peuvent être liés à des indicateurs orientés client, par opposition à des indicateurs plus importants au niveau de l’entreprise, comme le revenu, la croissance, le nombre de clients, le retour sur investissement, etc. »

 

Où sont les meilleures sources d’idées pour l’expérimentation ?

Aimee a sa propre façon de faire. « Je commence par me demander quels sont mes objectifs commerciaux (micro/macro). Ensuite, je consulte Google Analytics et j’identifie où les conversions n’ont pas lieu. Pour trouver des idées d’expérimentation, je consulte des outils comme HotJar, les données de la Voix du Client (VoC), les données Qualtrics, les commentaires réels des clients, les panélistes utilisateurs : donnez-leur des choix, demandez-leur ce qu’ils préfèrent. Faites toujours des hypothèses sur les points de friction, elles vous donneront vos meilleures idées pour les tests ! »

Hubert aime puiser ses idées dans le NPS. « Le Net Promoter Score (NPS) contient des informations et des commentaires utiles et peut être un bon point de départ pour des hypothèses, plutôt que de faire des suppositions aléatoires qui sont une perte de temps. Le NPS peut ajouter une réelle orientation à des tests bien conçus. Il est basé sur une seule question : Sur une échelle de 0 à 10, quelle est la probabilité que vous recommandiez le produit ou le service de cette entreprise à un ami ou à un collègue ? Le NPS est un bon moyen d’identifier les domaines à améliorer, mais comme indicateur du score CX d’une entreprise, il doit être associé à des informations qualitatives pour comprendre le contexte derrière le score. »

 

Comment faire pour prendre en compte toutes ces informations ? De quoi ai-je besoin pour réaliser mes tests ?

Il est évident que vous avez besoin d’un outil pour exécuter vos A/B tests et pour collecter les données nécessaires à la formulation de bonnes hypothèses. Un bon moyen de donner un coup de pouce à votre programme de tests – et de contribuer à un meilleur ROI – est d’utiliser des outils tels que Contentsquare ou Fullstory, qui offrent davantage de données sur le comportement et l’expérience des clients et vous aident à cibler vos données de test. Conçues pour combler le fossé entre les expériences digitales que les entreprises pensent offrir à leurs clients et ce qu’elles offrent réellement, les plateformes d’analyse proposent de réelles opportunités d’hypothèses de test utiles, grâce à des suppositions plus éclairées sur les variables à tester pour améliorer le CX. 

Aimee a également une remarque importante à propos de la collecte initiale de données.  « Vous avez également besoin de trois mois de données avant de commencer les tests si vous voulez des résultats fiables, et vous devez être sûr que celles-ci sont exactes. La plupart des gens s’appuient sur Google Analytics (GA). C’est beaucoup de données à gérer et à organiser. Une plateforme de données clients (CDP) représente un investissement important, mais la centralisation de vos données à un seul endroit est extrêmement utile pour la segmentation des clients et l’analyse détaillée. Plus tôt vous pourrez investir dans un outil tel qu’une CDP, mieux ce sera pour une stratégie d’architecture de données durable. » 

 

Je suis prêt à tester, mais j’ai plusieurs hypothèses. Par où commencer ?

Selon Aimee, « lorsque cela se produit, nous divisons les grands problèmes en plus petits. Nous avons un client qui veut tripler son activité et qui veut aussi se procurer une CDP cette année, parmi d’autres objectifs. C’est beaucoup ! Pour l’aider, nous établissons une feuille de route du parcours client pour voir ce qui influence ses objectifs. Nous sélectionnons cinq ou six objectifs de haut niveau (page de destination, navigation mesurée par rapport au taux de clics…), puis nous testons divers aspects de chacun de ces objectifs. »

Hubert fait remarquer qu’ « il est possible de tester plus d’une hypothèse à la fois si la taille de votre échantillon est suffisamment grande. Mais d’abord, vous devez savoir quelle est la puissance statistique de votre expérience. Les échantillons de petite taille ne peuvent détecter que des effets importants : il est important de connaître l’ordre de grandeur afin de mener des expériences significatives. Il est toujours préférable de tester vos variables sur un large public, aux comportements et aux besoins variés, afin d’obtenir les résultats les plus fiables et les plus éclairés possibles. »

 

Y a-t-il un intérêt à mener des expériences de collecte de données (par opposition à l’amélioration de la conversion ou à l’obtention d’un indicateur spécifique) ?

Hubert croit fermement qu’il faut tester, peu importe ce que vous pensez qu’il peut arriver. « Les tests sont toujours utiles car un bon test vous apprend quelque chose, vous en apprenez quelque chose, que vous gagniez ou perdiez, du moment que vous avez une hypothèse. Par exemple, mesurer l’effet d’un élément de vente (supposé) (comme une publicité ou une vente) est utile. Vous savez combien coûte une publicité ou une vente, mais sans expérimentation, vous ne savez pas combien elle rapporte. »

« Disons que vous avez un taux de réussite de 100 %. Cela signifie que vous n’apprenez plus rien. Alors vous testez pour acquérir de nouvelles informations dans d’autres domaines, vous ne restez pas immobile. Vous minimisez les pertes pour maximiser les gains. »

 


 

Vous voulez en savoir plus sur les données ? Rendez-vous ici pour le deuxième volet de notre série sur les données customer-centric

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Une approche du marketing customer-centric basée sur les données

Chez AB Tasty, nous pensons, respirons, mangeons, buvons et dormons expérimentation – tout cela au nom de l’optimisation de l’expérience digitale. Au cours des prochains articles, nous allons creuser encore plus loin et examiner de plus près ce qui se trouve derrière l’expérimentation : les données. Les données sont le moteur du cycle d’expérimentation – l’idéation, les hypothèses, la gestion statistique et l’analyse des résultats des tests. Ce n’est un secret pour personne que le monde d’aujourd’hui fonctionne grâce aux données, et le développement de votre expérience digitale ne devrait pas faire exception.

Les clients d’aujourd’hui – qu’il s’agisse d’un acheteur professionnel ou d’un consommateur lambda – privilégient l’expérience par rapport aux autres facettes d’une marque. Au cours des prochains articles, nous nous entretiendrons avec certains de nos partenaires et experts en données d’AB Tasty, afin d’explorer comment les marques peuvent utiliser les données pour mieux dresser le profil de leurs clients, comprendre leurs besoins et tisser avec eux des liens émotionnels précieux, ainsi que pour mesurer l’impact digital global et construire une vision customer-centric et fondée sur les données. 

 

Avant d’entrer dans le vif du sujet, prenons le temps de nous assurer que nos discussions autour des données se font dans le respect de la politique de confidentialité

Tout marketeur sait que rien n’est plus précieux que les données clients, mais leur acquisition est devenue de plus en plus épineuse. Le vaste Règlement général sur la protection des données (RGPD), entré en vigueur en 2018 en Europe, a changé la donne, obligeant les entreprises à obtenir un consentement avant de collecter des données personnelles. La California Consumer Privacy Act (CCPA) a rapidement suivi, donnant notamment aux consommateurs le droit de refuser la vente de leurs données.

Même si vous pensez que votre entreprise n’est pas soumise à ces lois, vous devriez peut-être envisager d’être en règle. Le e-commerce a effacé les frontières de chaque pays, permettant d’acheter des biens et des services sans se soucier de leur origine. La mondialisation des marques signifie qu’un influenceur de Pennsylvanie publiant des articles sur vos produits pourrait conduire des clients parisiens sur votre site. Et soudain, vous collectez des données soumises au RGPD – qui exigent le consentement du client pour être utilisées.  

 

Exploiter les bonnes données clients

Comprendre vos clients, leurs besoins et leurs comportements fluctuants est essentiel pour délivrer des messages opportuns et pertinents qui stimulent la fidélité et génèrent des revenus. Que votre entreprise vende des tapis de yoga, des patates ou des assurances pour yachts, vous avez besoin de données pour améliorer leur expérience avec vous, et renforcer votre relation avec eux.

Mais comment exploiter les données dont vous avez besoin tout en vous assurant que vos clients continuent à vous faire confiance ? Ces dernières années, les consommateurs sont devenus sceptiques à l’idée de transmettre leurs données personnelles. Selon une enquête réalisée par KMPG en 2021, 86 % des consommateurs interrogés se disent de plus en plus préoccupés par la confidentialité des données. Et ils ont raison de l’être : la même enquête a montré que 62 % des chefs d’entreprise estimaient que leur entreprise devait faire davantage pour protéger les données des clients.

Grâce à la mort bien méritée des third-party cookies, les marketers cherchent désormais à obtenir les données dont ils ont besoin en établissant avec leur audience des relations de première main, fondées sur le consentement. Bien qu’il s’agisse d’un pas dans la bonne direction, la confidentialité des données doit aller encore plus loin.

 

Renforcer la valeur de la marque grâce à des pratiques axées sur le consentement et le respect de la confidentialité des données

Les consommateurs sont plus enclins à faire des achats aux entreprises dont les pratiques en matière de confidentialité des données sont transparentes, et qui expliquent clairement comment les données personnelles sont collectées, utilisées et stockées. Donner ou refuser son consentement à l’utilisation de ses données doit se faire sans effort. Sur demande, les clients doivent être sûrs que les marques ne supprimeront pas seulement toutes les données qu’elles ont stockées, mais aussi tous les privilèges d’accès qu’ils ont pu accorder à des partenaires ou à des tiers.

En rendant le consentement et les préférences facilement accessibles, une multitude de données peuvent être partagées à chaque point de contact avec le client, révélant ainsi ses comportements, préférences, attitudes et valeurs. Pour gérer ces données omnicanales, une plateforme de gestion du consentement (CMP) peut vous aider à collecter et à traiter les informations personnelles selon la politique de confidentialité. Une CMP vous permet de tenir des registres de consentement sur tous les canaux en contact avec la clientèle, en veillant à ce que le traitement des données personnelles soit toujours conforme aux préférences de la personne concernée, ce qui ajoute une dimension éthique à l’expérience client.

Le traitement éthique des données clients est une mission essentielle si les marques veulent réussir aujourd’hui. Des big tech au retail, les entreprises de tous bords adoptent une approche des données éthique et dans le respect de la confidentialité car, comme le dit si bien un article de la Harvard Business Review, « la confidentialité des données est à l’ère digitale ce que la sécurité des produits était à l’ère industrielle. »

Les données clients peuvent vous aider à proposer des expériences pertinentes, personnalisées et innovantes. 

Elles peuvent renforcer votre marque en générant de nouveaux prospects, en prédisant les tendances en matière de ventes et de marketing, et en vous permettant de créer ces messages personnalisés que les clients aiment tant. Mais si vos données ne sont pas protégées et inattaquables, votre clientèle est en danger.

Chez AB Tasty, nous nous engageons activement à garantir le respect de toutes les réglementations pertinentes en matière de confidentialité des données et à faire preuve d’une transparence totale avec nos utilisateurs en ce qui concerne les données statistiques consensuelles de première main et impersonnelles que nous collectons lorsqu’ils visitent notre site. Nous nous efforçons de faire en sorte que nos agences et partenaires assument la responsabilité de l’utilisation des données personnelles de leurs clients et réagissent rapidement si ces derniers souhaitent se désengager ou se retirer.

Dans cette série d’articles, nous nous intéresserons à l’utilisation des données pour valoriser les visiteurs anonymes, à l’expérimentation pour découvrir les besoins des clients, à la création de liens émotionnels avec les clients grâce aux données, et à l’utilisation des données pour mesurer votre impact digital – guidé tout au long de ce parcours par des experts data du secteur. À bientôt !

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1,000 Experiments Club: Une conversation avec Elissa Quinby de Quantrum Metric

Elissa Quinby explique pourquoi avoir un état d’esprit frugal dans le domaine de l’expérimentation peut en fait accélérer les process et accroître la créativité.

Elissa Quinby semble ne vivre que pour le retail, avec huit ans à son actif chez Amazon, où elle a travaillé dans plusieurs départements et fonctions business, au sein des équipes marketing et product. Avant cela, elle travaillait chez Google et American Eagle Outfitters.

Actuellement Senior Director of Retail Marketing chez Quantum Metric, une entreprise d’analyse de l’expérience utilisateur qui aide les marques à mieux connaître leurs clients et à prendre rapidement des décisions data-driven.

Marylin Montoya, VP marketing chez AB Tasty, s’est entretenue avec Elissa sur les moyens de fidéliser les clients, les stratégies d’expérimentation et la façon dont même la plus petite donnée peut avoir un impact considérable sur l’optimisation du parcours client, pour une meilleure expérience globale. 

Voici quelques-unes des principales conclusions de leur conversation.

 

 

Commencez par UNE donnée clé sur votre client et utilisez-la pour renforcer sa fidélité à votre marque.

En tant que marketeurs, nous connaissons la valeur de notre base client actuelle, compte tenu du temps, des efforts et du coût d’acquisition de nouveaux clients. Il est donc logique de se concentrer sur l’optimisation de l’expérience utilisateur afin d’encourager les clients réguliers.

Lorsqu’elle travaillait chez Amazon, Elissa a adopté un état d’esprit frugal et a découvert l’ampleur de l’impact que peut avoir une seule donnée client. Aujourd’hui, elle met au défi les retailers de se demander quelles sont les données dont ils disposent déjà et qui pourraient révolutionner leur expérience client.

Les données first party étant “l’ingrédient secret », Elissa recommande de commencer doucement et de leur faire une proposition de valeur en échange de leur coopération. Les clients hésitent de plus en plus à partager leurs informations avec les marques, il est donc important de leur proposer quelque chose d’alléchant en échange et qui vous permettra de recueillir cette précieuse donnée qui améliorera l’expérience client.

La partie la plus difficile de cette collecte essentielle de données first party est d’encourager les clients à créer un compte. Une fois qu’un client a créé son profil, la confiance peut être établie au fil du temps et davantage de données peuvent être recueillies, mais toujours contre une proposition de valeur. Par exemple, vous pouvez encourager les clients à se connecter pour faire des achats en leur proposant en échange un filtre ou des résultats de recherche personnalisés. Cela crée une expérience d’achat en ligne plus efficace et plus agréable pour vos clients, en récompense de leur fidélité.

 

“Il n’y a littéralement rien qui ne doive pas être expérimenté.”

L’expérimentation devrait être au cœur de toute stratégie marketing. Dans un processus d’optimisation continue, les possibilités d’amélioration du parcours client sont infinies. Cependant, les données sont le seul moyen de savoir avec certitude quelles modifications mener à bien. 

En mettant l’accent sur la rapidité, l’idée de l’expérimentation est de tester une nouvelle solution aussi rapidement que possible, en se libérant de tout attachement à la perfection, afin de commencer à recueillir les commentaires des clients. 

Elissa explique que toute nouvelle fonctionnalité doit être testée avant son lancement. Tant que les clients ne donnent pas leur avis via leurs interactions, cela reste une simple hypothèse à prouver. Non seulement cela permet de gagner du temps sur le développement, mais cela permet aussi de jauger la réaction des utilisateurs face à l’expérimentation en question et ainsi apporter les ajustements nécessaires.

Le processus d’expérimentation est précis, méthodique et data-driven, afin de garantir le fait qu’il a été correctement mis en place pour un résultat fiable et pertinent – indépendamment de son succès ou de son échec.

Comme la majorité des tests échouent, il est important d’échouer rapidement, afin de tirer les apprentissages des réactions des clients le plus vite possible. Elissa explique que l’exécution de plusieurs tests avec de légers ajustements peut aider à identifier le problème, qui peut être aussi simple que le moment du parcours client où un stimuli apparaît.

 

Les outils d’expérimentation peuvent aider les marques à optimiser leur expérience client.

Si les méthodes manuelles de test peuvent donner des résultats, un outil d’expérimentation peut booster l’optimisation de votre expérience client.

Un outil d’expérimentation permet non seulement de gagner du temps, mais aussi de s’assurer que vous tirez les meilleurs enseignements de chaque test. Cela commence par le développement des meilleures hypothèses, basées sur des données. Si votre test n’atteint pas les paramètres cibles, un outil vous permettra de réagir en mettant à votre disposition une autre hypothèse, également basée sur des données.

Deuxièmement, la possibilité de déterminer avec précision les raisons de l’échec d’une expérience, grâce à une analyse complète, est essentielle pour améliorer vos résultats sans épuiser vos ressources. 

Enfin, un outil d’expérimentation peut offrir des données en temps réel. Si votre expérimentation ne fonctionne pas bien, vous le saurez immédiatement et pourrez l’interrompre. À l’inverse, si elle est gagnante, vous pouvez commencer à travailler sur le lancement de la nouvelle fonctionnalité avec l’équipe produit. Cela permet d’accélérer les cycles d’innovation, avec des décisions basées sur l’analyse de données en temps réel du parcours de l’utilisateur et de son comportement de navigation.

En optimisant le processus d’expérimentation à l’aide d’une solution d’analyse intelligente, vous pouvez gagner en efficacité et affiner rapidement les fonctionnalités qui vont améliorer significativement l’expérience client et donc générer des résultats pour l’entreprise. 

Que pouvez-vous apprendre d’autre de notre conversation avec Elissa Quinby ?

  • Comment faire plus avec moins de ressources (temps et argent) ?
  • Comment se démarquer de la concurrence grâce à un programme de fidélité ?
  • Pourquoi vous devez tirer parti du digital à toutes les étapes du parcours client.
  • Pourquoi toutes les informations sur les clients jouent un rôle essentiel sur l’augmentation des revenus.

 

A propos d’Elissa Quinby

Elissa Quinby est une experte dans le domaine du retail. Elle a commencé sa carrière en tant qu’Assistant Buyer chez American Eagle Outfitters, puis a passé deux ans chez Google en tant que Digital Marketing Strategist. Elle a ensuite travaillé huit ans chez Amazon dans plusieurs départements et fonctions business, notamment en marketing, program management et product.

Aujourd’hui, Elissa est Senior Director of Retail Marketing chez Quantum Metric, une entreprise d’analyse de l’expérience utilisateur qui aide les marques à recueillir des informations sur leurs clients afin de prendre des décisions éclairées.

 

A propos du 1,000 Experiments Club

Le 1,000 Experiments Club est un podcast produit par AB Tasty et animé par Marylin Montoya, VP marketing chez AB Tasty. Joignez-vous à Marylin et à l’équipe marketing dans leurs différents entretiens avec les experts les plus compétents du monde de l’expérimentation pour découvrir leurs points de vue sur ce qu’il faut faire pour créer et exécuter des programmes d’expérimentation à succès.